Avant, quand mon corps ne m'appartenait plus
J'ai toujours fait attention à moi. Alimentation, sport, sommeil. Je pensais tout contrôler. Jusqu'à mes 22 ans, quand j'ai franchi la porte d'une gynécologue pour la conversation sur la contraception. Le discours était rassurant : « La pilule, c'est ce qu'il y a de mieux. Efficace, sans danger. » À 22 ans, on ne remet pas en question ce que dit un médecin. Alors j'ai fait confiance.
Et c'est là que tout a basculé. Changements d'humeur. Tristesse sans raison. Libido disparue. J'avais l'impression d'être devenue quelqu'un d'autre, quelqu'un que je n'aimais pas vraiment. J'ai consulté. Encore et encore. Les réponses ? Toujours les mêmes.
« C'est normal, madame. » « Cette nouvelle génération refuse la pilule alors que des femmes se sont battues pour l'avoir. » Les plaquettes se sont enchaînées. Les effets, eux, sont restés. Et avec eux, quelque chose de plus lourd : la certitude qu'il n'y avait pas d'autre option. Que je devais choisir entre ma santé mentale et une grossesse non désirée. Et porter ça toute seule.



